Children as victims of exploitation and abuse

Bénin, Cameroun, D. R. Kongo, Mali, Togo

Enfants "dits sorciers" en R.D. Congo

Situation de départ

Les enfants de la rue, exploités, abusés, sont de véritables parias de la société, ils sont considérés comme des nuisibles. Dans chaque pays il existe un nom spécifique pour les qualifier. Ce nom est chargé de tout le mépris que la population leur porte. Ils subviennent à leurs besoins en effectuant des petits travaux : portage de bagages, vente de sachets plastiques, de mouchoirs en papier, cirage de chaussures, … Ils dorment dans les étals de marchés ou dans des maisons en construction. Il arrive aussi qu’ils commettent de petits vols ; la prison constitue alors le terminus de ce parcours d’errance. Certains adultes n’ont pas de scrupules
à les exploiter ou à les instrumentaliser. L’exemple le plus criant à été vécu à Mbuji Mayi au Congo en 2003 ou des politiciens se sont servi des « Shégués » (ainsi dénomés en R. D. Congo) pour semer la terreur. La population s’est alors révoltée contre eux et a organisé un véritable lynchage de tous les enfants de la rue qui lui tombaient sous la main.

Bon nombre d’enfants de la rue sont originaires de familles recomposées où ils ne se sentaient plus à l’aise, rejetés par leur marâtre ; d’autres, devant aider leurs parents très pauvres à assurer les ressources de la famille, ont passé de plus en plus de temps dans la rue avec d’autres enfants. Un jour ils franchissent le pas et ne rentrent plus à la maison. D’autres encore, sont des réfugiés ou des déplacés de guerre qui ont perdu leurs parents… Les filles bien que minoritaires sont également concernées. Elles font l’objet « d’une protection » des plus grands ou de policiers moyennant faveurs spéciales. D’autres adultes n’hésitent pas non plus à abuser d’elles.


Les principaux résultats depuis 1995


Photos

Un enfant dans le couloir de la rue


Ses amis l’appelaient Charly, mais ce n’était que son surnom
Son vrai nom, il le gardait jalousement pour le jour où il ne vivrait plus dans la rue
Pour le jour où il s’en retournerait vivre en famille
Car il n’était pas né pour vivre dans la rue
Les voitures le fascinaient, il les gardait….il les lavait….
Elles étaient son gagne pain
Il aurait bien voulu être mécanicien, mais ce n’était qu’un rêve
Car un enfant de la rue a trop mauvaise réputation pour faire un bon apprentissage et acquérir
un vrai métier.
Il dormait n’importe où, au centre ville, dans un recoin
A l’ombre de la cathédrale ou au marché central,
Lorsqu’un gardien de nuit le laissait s’étendre auprès de lui pour se reposer.
Mais cette nuit-là, tous l’avaient chassé car il était trop malade et ça les dérangeait Quand il vomissait.
Il aurait bien voulu guérir, mais il n’avait près de lui ni médecin, ni infirmier
Il s’est couché, exténué, les bras en croix, auprès des voitures qu’il gardait
Et s’est endormi pour ne plus se réveiller.
Il n’était surtout pas né pour mourir dans la rue…
Lorsqu’au matin le soleil s’est levé,
Sur le trottoir de l’avenue Botro Roussel, pour une fois, nul ne pouvait le chasser
Car il se reposait pour l’éternité
La police a enquêté, les passants l’ont regardé….et sont passés
Il est resté là toute la journée, nul ne voulait s’en occuper
Seules les fourmis en procession commencent dans la soirée à le visiter
Tandis que ses copains de la rue, avec l’aumônier étaient venus, tout près de lui, Prier
Et d’un linceul blanc ils l’ont enlacé.

Aimon Aimé Désiré (encadrant du centre Sauvetage) d‘après Frère Yves Lescanne

Immer mehr Mädchen standen in Folge der Unruhen auf der Straße und werden Opfer von Vernachlässigung, Missbrauch und Gewalt. Im Kinderschutzzentrum finden sie Schutz und Obdach.

Zirkuskünste verlangen von ehemaligen Straßenkindern, an einem Strang zu ziehen, abgestimmtes, gemeinsames Handeln, Zuverlässigkeit und Ausdauer. So kann Selbstvertrauen wieder zurückgewonnen werden, und es gelingt - wie hier in der Elfenbeinküste, die Kinder psychisch zu stabilisieren.

Histoires de vie

Fanie raconte:
"J'ai 10 ans. Mon père est soldat. Je suis son seul enfant. Je ne peux pas me rappeler de ma mère. Elle est morte depuis longtemps. J'étais toute petite. J'ai grandi avec ma grand mère. Je suis allée à l'ècole avec les autres enfants. Et puis pendant les vacances, on m'a emmenée à Abidjan chez mon père. Après quelques semaines mon père et sa nouvelle femme se disputaient constamment, à cause de moi. La nouvelle femme m'a accusée d'être une sorcière. Et mon père l'a crue. Il m'a emmenée chez une exorciste dans un centre de prières. Je suis restée toute une année là-bas et rien n'a changé! Cette femme m'a alors placée comme domestique dans la famille de sa soeur. Chez elle, je devais travailler très dur. J'étais toujours tellement fatiguée qu'un jour je n'en pouvais plus. Alors j'ai décidé de m'enfuir. Je suis restée dans la rue. Un jour à Yopougon une femme m'a dit qu'elle voulait m'aider. Elle m'a emmenée à la police qui m'a envoyée au centre Sauvetage du Bice-Côte d'ivoire.
Là-bas, je dors dans une chambre avec les autres filles. On a toujours assez à manger et à boire.
Je parle souvent avec une assistante sociale. Elle me demande de lui raconter mon histoire. Je crois que je peux lui faire confiance. Je peux aussi lire un peu, et écrire. Et on joue tous ensemble les après midi. Les encadrants ont retrouvé mon papa et ma grand mère et leur ont parlé. Mais mon papa et ma grand mère ne veulent pas que je reviennent chez eux. Ils ne sont même venus me voir ici. Mon papa croit toujours que je suis une sorcière. Bice - Côte d'Ivoire m'a alors envoyée chez les soeurs. Je vis là-bas avec d'autres filles. Je vais à l'ècole et je suis suis bien contente là-bas."

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